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Compréhension


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LES SPLENDEURS DE L'ARTISANAT RUSSE


La leçon

La Russie est à un tournant, indéniablement déclenché sur son flanc droit, quelque part entre Kiev et Sébastopol. Cette situation couvait - de manière plus vaste et profonde - depuis la fin de la guerre froide. Le "Grand pays" ravive les vieilles querelles et s’en découvre de nouvelles, se crispe parfois – mais y retrouve aussi du souffle, de l’inspiration, des quêtes et des aspirations. Les « valeurs traditionnelles » de la nation-empire sont brandies un peu à tout-va, rarement définies précisément. Très humblement et en tentant de garder de la hauteur et de la distance, Le Courrier de Russie vous propose le deuxième volet de sa série sur les métiers d’art… traditionnels. Bonne route.

Chale de Pavlov PossadFigurine de DymkovoPeinture de GorodetsFiligrane russeLe cristal de Gous-Khroustalny

Pour leurs épaules

Le châle de Pavlov Possad est probablement aussi caractéristique et légendaire que, disons, la matriochka. Et il dissimule autant de profondeur sous autant de simplicité. Si la fabrique est une des plus anciennes du pays, le métier est moins ancien que d’autres artisanats, adapté des cachemires orientaux par un entrepreneur de la région de Moscou à la fin du XVIIIe. Et celui que l’on connaît aujourd’hui, tout en laine, soie et fleurs, ne date que de la moitié du XIXe. Les châles à fleurs ont longtemps nourri une région de Moscou à la terre relativement pauvre et contrainte, de fait, à l’inventivité. Dessin, impression, séchage… s’il est aujourd’hui difficile, entre techniques modernes et matériaux venus d’ailleurs, de continuer à parler d’artisanat. Le châle russe par excellence demeure un mythe – et bien vivant. Et nulle femme – qu’importe la nationalité, l’âge, le milieu ou les aspirations – ne résiste longtemps à son mélange de douceur et de chaleur, de féminité extrême et de résistance sans faille, de pureté des lignes et de raffinement.

Pour un manège

Les figurines et sifflets d’argile de Dymkovo, jouets «de Viatka » ou « de Kirov ». C’est aussi sérieux qu’un jeu d’enfant. Le métier, du haut de ses plus de 400 ans, est parmi les plus anciens de Russie : plusieurs légendes originelles, toutes liées aux batailles qui opposaient les principautés au XVe siècle, une tradition liée à une fête-foire de printemps profondément et largement païenne, un savoir-faire exclusivement féminin, transmis de mère en fille. Tout l’artisanat russe dans ces figurines : simplicité et éternité du modelage à la main ; unicité de chaque pièce ; patience du séchage à l’air libre ; finesse, rigueur et créativité du travail de peinture ; explosion et harmonie des couleurs vives et de la feuille d’or. Les figurines de Dymkovo ont connu l’heure de gloire et le déclin, failli disparaître au début du XXe siècle, été sauvées par l’Union soviétique et des peintres qui leur ont redonné des lettres de noblesse. Une histoire sans fin de terre et de magie.

Pour leurs ailes

La peinture de Gorodets, c’est une histoire – typiquement russe – de "malgré tout". La ville fut une forteresse, qui n’a cessé d’être détruite et de se relever de ses cendres – face aux Bulgares de la Volga d’abord, aux khans ensuite. Elle fut aussi un refuge de Vieux croyants, après le schisme, qui trouvèrent asile dans ces forêts de la région de Nijni Novgorod. Gorodets, c’est aussi l’histoire d’une région à la terre peu fertile et forcée de survivre par l’intelligence – l’artisanat et le commerce. À Gorodets, on a toujours et tout fabriqué et, pour attirer l’œil sur les foires, on s’est mis à peindre ses objets – notamment les rouets. De là est née la peinture de Gorodets : ces fleurs et ces oiseaux, ces scènes de fêtes et ces créatures mythiques en couleurs explosives sur bois sculpté d’une gaieté que n’égale aucune autre école d’ornement du pays. La peinture de Gorodets s’est plutôt bien portée à l’époque soviétique, alimentant notamment en meubles décorés toutes les écoles maternelles du pays. Mais le métier souffre aujourd’hui de la concurrence étrangère et se maintient tant bien que mal, grâce à la bonne volonté d’un entrepreneur privé et surtout à la foi de sa poignée d’artisans. À Gorodets, "la garde meurt mais ne se rend pas".

Pour une armure

Indubitablement, le plus ancien des métiers russes. La technique du filigrane russe; cette fameuse « dentelle de métal », remonte au moins à la fin du Moyen-Âge. Et elle a orné, au fil des temps, les attributs des puissants de la terre autant que les icônes orthodoxes, protectrice jalouse des images magiques, ouvertures vers le Ciel. La région de Nijni Novgorod ne donne pas dans la table rase – on y connaît et on y aime son histoire, glorieuse. Et la fabrique de filigrane de Kazakovo se tient fièrement debout depuis les années 1920, sans à-coups, aujourd’hui largement soutenue par des programmes étatiques de protection des métiers d’art. Le filigrane, c’est avant tout une affirmation de lenteur et d’exigence à notre époque du "tout jetable", une ode au travail minutieux, précis, l’assemblage de brins fragiles qui forment un tout indestructible. C’est aussi un rappel : si les Russes ont été indubitablement meilleurs, au XXe siècle, en construction de fusées et de chars que de voitures individuelles ou de machines à laver, leurs objets traditionnels du quotidien n’ont jamais rien eu à envier au reste du monde.

Pour un diamant

Le cristal de Gous-Khroustalny, c’est encore une histoire russe, typique dans un autre genre – celle d’une production de luxe, impériale, qui a emprunté à l’Europe occidentale les meilleures de ses techniques et les a imitées avec tant d’application et de rigueur qu’elle a fini par les dépasser ou, du moins, en demeurer parmi les seules gardiennes. C’est aussi l’histoire d’un espoir tout récent, d’une relève exemplaire. La fabrique, fondée – avec la ville qui l'entoure– par le marchand Akim Maltsov en 1756, a commencé de frôler la faillite avec l’effondrement de l’URSS, a vacillé et décliné pendant 20 ans et a fini par s’écrouler en 2012. Et puis, comme le plus beau des contes d'un nouvel âge, l’usine a été sauvée par les efforts conjugués des autorités régionales, d’entrepreneurs privés nouvelle génération et de ses ouvriers – et recommencé de produire ses articles exclusifs, destinés aux empereurs de ce monde. Au pays du rouleau compresseur collectif et du vaste chaos, l’histoire d’une usine où chacun se sent responsable, individuellement, profondément, de son travail et du résultat. À Gous-Khroustalny, tout ce qui brille est d’or.

Julia BREEN, www.lecourrierderussie.com, 7 juillet 2015


Exercice n°1 : Lisez le texte et répondez aux questions (Ex. 1-5).


Question n°1


Trouvez un meilleur titre pour l’ensemble du texte.

Corriger la question

Question n°2


Dans le chapeau du texte nous lisons que

Corriger la question

 


Exercice n°2 : Associer les lieux géographiques russes et les métiers d’art.


Question n°1

Pavlov Possad (ville)

Le châle

Dymkovo (sloboda)

Les figurines et sifflets d’argile

Gorodets (ville)

La peinture

Kazakovo (village)

Le filigrane russe

Gous-Khroustalny (ville)

Le cristal

 

Exercice n°3 : Vrai ou faux?


Question n°1

Proposition Vrai Faux
1. Le châle de Pavlov Possad très populaire aux XIXe siècle n’est plus fabriqué.
2. Les cachemires orientaux adaptés par un entrepreneur russe sont à la base de la technique du châle de Pavlov Possad.
3. Les figurines de Dymkovo sont des jouets uniques issus d’un modelage à la machine.
4. L’histoire des figurines de Dymkovo s'étend sur plus de quatre cent ans.
5. La peinture de Gorodets est née de la nécessité d’attirer les gens aux foires dans une forteresse où les gens vivaient de l’artisanat et du commerce.
6. La forteresse de Gorodets a été définitivement détruite par les khans.
7. Le fifligrane russe est destiné à orner des objets religieux.
8. La date de l’effondrement de l’URSS c’est aussi la date de l’écroulement de la fabrique de cristal fondé par le marchand Akim Maltsov en 1756.
9. Les techniques de la production du cristal son empruntées à l’Europe occidentale et développées ultérieurement par les artisans russes.
10. Actuellement l’artisanat russe se maintient bien grâce à la bonne volonté des gens et aux programmes étatiques.
Corriger la question

 

Exercice n°4 : Les métiers d’art traditionnels russes se caractérisent par leur grande variété. Découvrons-en d’autres ensemble!


Question n°1


Associez (déplacez) chaque description des métiers d’art traditionnels russes (à droite) avec l’image qui lui correspond (à gauche).

Le Khokhloma d’Or étincelant, dont les fleurs, les épis, les fruits et les rameaux portent en eux la poésie de la campagne russe.
La broderie russe en or est conservée à Torzhok. C’est un cadeau conçu pour les personnes sophistiquées et extravagantes.
Les bijoux en ambre, dont le gisement le plus important est situé sur la mer Baltique (Kaliningrad), attirent par leurs couleurs changeantes.
Les objets en écorce de bouleau (boîtes, coffrets, cassettes) sont utilisés dans la vie des Sibériens: on y conservait les aliments .
Les inimitables plateaux de Jostovo ont la beauté du ciel. À Jostovo, c’est la rose qui coule dans les veines.

 

Exercice n°6 : L'homme derrière l'objet...

Aide : Et pour finir, qu'est-ce qu'un artisan?

Ce mot tire son origine du latin “ars”, “artis”, de même qu’un autre mot français, “artiste”. Mais un artisan est différent d’un artiste. Trouvez les meilleures formules pour la citation suivante de Mikhaïl ANTCHAROV et celle de Michel POLAC et essayez de définir les notions d' “artisan” et d'“artiste”. Parlez-en avec vos amis, vos parents ou avec votre professeur de français. N’oubliez pas: autant de têtes, autant d’avis!


Question n°1

Une erreur est intervenue lors de la génération du texte lacunaire.
Erreur n°2 : Le texte ne contient pas le mot recherché (le mot est "artiste").



Corriger la question

 

Auteur de l'exercice :



KHASANOVA RITA


Contributrice

Russie
Enseignante de FLE et de didactique des langues étrangères, maître de conférence à l'Université d’État Bachkir (Ufa, Russie) et examinatrice DELF/DALF. Directrice du Centre du Dialogue des Cultures. Je suis dans ce projet pour apprendre à mettre en ligne les activités et acquérir de l’expérience, contribuer à la formation en ligne et faire de nouvelles connaissances. Mais également, et ici je « reformule » Paulo Coelho, “C’est aussi la possibilité de réaliser mon rêve, celui d’aller à Nice qui rendra ma vie encore plus intéressante.”

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